Passionnément Républicain: Une vision de l’évolution du système de santé

Santé et territoire, un député à la hauteur des enjeux

1.              Le constat:

L’avenir du système de santé nous préoccupe tous. Les déserts médicaux se multiplient,  les urgences sont saturées, les ouvriers ont une espérance de vie de six ans inférieure à celle d’un cadre, les professionnels de santé se sentent de plus en plus déconsidérés. La question du financement est également une donnée que les responsables politiques doivent avoir en permanence à l’esprit alors que la santé est un facteur de souveraineté et de croissance.

La seule consommation de soins et de bien médicaux représente une progression globale de 24,2 % nettement supérieure à celle du PIB qui a été de 15,5 % sur la période (2009-2014).

Cette évolution de la part relative du PIB ne peut entraîner qu’une insuffisance des financements par rapport aux dépenses, c’est-à-dire des déficits structurels du financement des dépenses de santé, aggravés en temps de crise économique ou de faible croissance. En 2014, les déficits cumulés se sont élevés à 236,6 Mds, soit 11,7 % de la dette publique française. Dans une étude de 2014, le Haut Conseil du financement de la protection sociale prévoit, en l’absence de politique adaptée, une part de la « dette sociale » de 4 % du PIB en 2030, 14 % en 2040 puis son doublement à l’horizon 2060, soit le tiers du PIB…sur la base d’un scénario tablant sur un chômage de 4,5 % qui n’a plus été observé depuis 1978. Mais dans un autre scénario, sur la base d’un chômage de 7 %, la dette sociale atteint 100 % du PIB en 2060 ! Au rythme actuel,  notre système de protection sociale disparaitra.

Une offre de soins peu lisible et inégalitaire

Le but d’une politique de santé est d’offrir à chaque citoyen les mêmes chances face à la maladie. Il convient donc d’adapter la répartition de « l’offre de soins » en fonction des besoins. Mais force est de constater que plusieurs décennies de tentatives de planification, jusqu’à la mise en place des ARH puis des ARS, n’ont pas permis de répondre aux enjeux.

Une démographie médicale inadaptée

La démographie médicale actuelle résulte des choix des années antérieures au regard de la grande inertie du système de formation médicale : 6 années de formation + 4 à 5 ans d’internat + 2 à 4 ans de post-internat, soit une formation initiale qui s’étale sur 12 à 15 ans. Les décisions prises au niveau du numerus clausus ne se concrétisent donc qu’au terme de ces délais. La suppression du numérus clausus proposée par Macron ne réglera pas le problème des déserts médicaux et entrainera une surconsommation d’actes de soins.

D’ores et déjà, le Conseil National de l’Ordre des Médecins constate en introduction à son Atlas 2015 que « Les territoires se vident de leurs médecins. Pourtant avec 281.087 médecins inscrits au tableau de l’Ordre en 2014, la France n’a jamais compté autant de médecins ! ».

En 2014, 11 %  des nouveaux inscrits à l’ordre ont obtenu leur diplôme dans un autre Etat de l’UE et 12,6 % dans un Etat hors de l’UE. Autrement dit, le numerus clausus ne concerne que moins de 80 % des nouveaux inscrits.

Les déserts médicaux

La régulation tentée n’a  pas résolu la question lancinante de la répartition géographique des médecins, ce l’on nomme désormais « les déserts médicaux ». Refusant une régulation à l’installation, à l’instar de celle des pharmaciens, qui rencontre l’hostilité des syndicats d’internes et de jeunes médecins, les gouvernements successifs ont privilégié les aides sous forme de primes, l’émergence des maisons médicales et la « mise en réseau » des professionnels de santé. Mais le résultat n’est pas probant. Le Conseil National de l’Ordre des Médecins le constate : « Chaque territoire, qu’il soit rural ou urbain, rencontre des problématiques spécifiques pouvant engendrer des pénuries de médecins. Les déserts dits médicaux ne sont pas toujours là où on les imagine, des zones très rurales, mais aussi des métropoles comme Paris, voire des villes moyennes comme Châteauroux y sont confrontées. »

Dans notre circonscription, la santé est un levier de développement évident. Avec notamment le quartier hôpitaux-facultés, les établissements privés et l’agence nationale de sécurité du médicament. Votre député doit être à la fois informé des enjeux de l’organisation du système de santé et permettre l’implantation de structures de soins dans les zones périurbaines. Cette année, le manque d’engagement des élus de la métropole de Montpellier et de votre député n’a pas permis l’implantation de l’agence européenne de sécurité du médicament sur notre territoire, agence que j’aurais aimé voir s’installer à Vendargues.

Pour une pérennité du financement système de santé et lutter contre les déserts médicaux, plusieurs solutions sont déjà pensées: comme la régulation à l’installation ou la capitation pour le paiement des généralistes. Ces propositions seraient toutefois difficiles à mettre en place, elles n’ont pas le soutien des professionnels et le temps nécessaire pour voir les résultats serait trop long. Pour autant chacun est conscient des nécessaires évolutions à construire. Nous devrons donc réfléchir ensemble à une solution viable et ses modalités d’application…Sans mettre aucun sujet sous le tapis Je souhaite être un interlocuteur pour cela.

En synthèse, les principaux enjeux de la politique de santé sont :

  • Le maintien de notre modèle de protection sociale alors que les dépenses augmentent et que les recettes ne suivent pas.
  • L’accessibilité de tous aux soins par un maillage plus efficace du territoire
  • Le soutien au développement de l’économie de la santé, levier de créations d’emplois privés sur notre territoire
  • Le suivi accru du patient et du médicament

Je souhaite d’ores et déjà m’engager sur un certain nombre de thèmes pour les années à venir si vous me faites la confiance de me choisir comme député.

2.             Les propositions sur lesquelles je m’engage

  1. Combattre les déserts médicaux et réduire les temps d’attente aux urgences en développant les maisons médicales et les structures d’urgences pour les premiers soins. Laisser une grande liberté d’organisation aux professionnels de santé pour créer les structures les plus adaptées en facilitant les démarches auprès de la direction des premiers recours des ARS. Mener la concertation pour une meilleure répartition sur le territoire.
  2. Assurer à chaque Français une prise en charge par la structure la plus adaptée à son besoin médical, au bon moment. Pour cela, accélérer le développement des « parcours de soins », grâce à une meilleure coordination entre médecine hospitalière, médecine libérale et structures médico-sociales. Mettre en place les outils d’échange d’informations en particulier le dossier médical partagé facilitant et sécurisant cette coordination.
  3. Permettre à tous d’accéder à une consultation tous les deux ans pour développer la prévention avec un bilan complet et approfondi.
  4. Ramener l’assurance maladie à l’équilibre en faisant 20 Mds€ d’économies, en luttant contre toutes les sources de « non-qualité » du système de santé : soins redondants ou inutiles, non-observance des prescriptions, maintien en activité d’établissement de faible qualité, mauvaise coordination des soins, recours excessif à l’hôpital, prévention insuffisante, fraudes et abus, bureaucratie excessive. Pour réaliser ces économies, nous devrons encourager la mutualisation de l’achat public lancée par l’Union des hôpitaux pour l’achat et réorganiser l’administration dans la concertation.
  5. Renouer avec l’excellence de la recherche pour qu’elle redevienne le fer de lance de l’innovation et faciliter la création de partenariats publics-privés pour permettre de faire vivre les entreprises innovantes dans le secteur de la santé. A cet effet, Montpellier doit effectivement devenir la capitale européenne de la Santé et de la recherche médicale. En Europe, pour que notre recherche reste compétitive, il conviendrait de remonter la chaîne de valeur de l’essai en développant des outils innovants particulièrement dans les TIC.
  6. Enfin, je considère comme une erreur d’avoir généralisé le tiers-payant obligatoire qui alourdit la gestion administrative des cabinets médicaux et dévalorise les professionnels. Le tiers payant doit être incité mais il ne me parait pas équitable qu’il soit appliqué sous la contrainte. La loi Touraine doit être abrogée sur ce point.

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